mardi 12 novembre 2013

Marcel Pagnol

 


Marcel, mon papi Marcel,
puisque nos anciens pour la plupart ont choisi de se taire, ou peut-être parce que nous, jeunesse, faisons la sourde oreille à leurs bavardages, c'est toi que j'ai choisi pour Pape, mon Pape de provence, qui me raconte sa jeunesse, ses couleurs, ses paysages, ses odeurs et ses sentiments, parce que tu n'avais rien oublié de cette époque qui fût la tienne, tu nous donnes la filiation que plus personne ne raconte... J'ai appris mon passé dans les livres d'histoire, avant mes parents, je n'ai jamais rien vu de très clair, des guerres oui, mais de la vie, aucune. Pourtant, j'ai souvent senti en moi vibrer mes gênes et mon sang à l'écoute d'une vieille chanson française, espagnole, italienne ou occitane, et ces vieilles histoires, ces vieux amours, nous les portons en nous n'est-ce pas? 
Quand je te lis Pape, je ressens l'odeur du marronnier de la cours d'école, je me revois me cacher pour ne pas recevoir le baiser d'une fille alors que j'en crève d'envie, je me souviens de la jouissance de gagner une bille, je me revois avec mon frère faire le compte de notre butin à l'arrière de la 504, je me rappelle de ma douleur lorsque qu'on avait volé mon sac de bille qui était sous ma table de classe, et je me souviens qu'un des grands de l'école qui avait vu ma détresse, était allé gagner pour moi 4 ou 5 agates afin que je puisse me refaire, mon enfance me revient à travers la tienne Marcel ou peut-être même, l'enfance toute entière du sud de la France.
Tu racontes l'enfant d'une famille pauvre et l'enfant d'une famille riche, l'enfant doué pour apprendre et l'enfant doué d'amitié, les premières catastrophes qui nous empêchent de dormir et nous obsèdent, la peur de la réprimande, la honte d'avoir cassé un objet qui semblait si précieux, tu racontes l'honneur déjà, celui de ne pas se dérober, de prendre punition pour un autre et de sortir accablé mais victorieux au yeux de ses camarades, tu racontes la fraternité et l'amour, tu nous l'enseignes, tu nous rappelles qu'il n'y a rien de plus important, avec cette poésie si particulière à la Provence, faites de mots ronds, de farces et de tragédies, avec toujours en toile de fond un ciel bleu, bleu, bleu ciel.
Merci Marcel.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire