mercredi 27 novembre 2013

Musée Dali





Avant de faire la critique idiote de ce musée, je dois vous raconter l'épisode le plus marquant de cette journée.

Je me trouvais donc à Figueres, dans l'interminable queue qui mène à l'entrée du musée Dali, en train de rissoler sous le soleil catalan, debout, sur un parterre de granit rose parfaitement lisse et propre.

Fondu dans cette foule de regardeurs cosmopolites _ j'entendais en effet qu'il se parlait différents idiomes autour de moi_ et piétinant centimètres par centimètres jusqu'à l'entrée du temple surréaliste, j'eu le sentiment que tout le monde s'emmerdait royalement.
Les discussions était décousues, sans passion, juste destinées à faire passer le temps.

Mais sans le savoir, notre engeance qui se trouvait dans cette tranche de la queue (d'environ 10m avec pour centre, moi-même évidemment), sans le savoir, nous nous trouvions aux premières loges d'un événement déterminant de la vie d'un inconnu.

En effet, nous vîmes apparaître un chien au dimension chevaline, qui s'arrêta à ma hauteur à environ deux mètres sur ma droite, pour y déposer, ce qu'il convient d'appeler : une merde absolument éléphantesque, un étron parfaitement dalinien, une déjection qui surpassait le mariage entre un cassoulet et une choucroute, un véritable monticule de boue ésotérique d'une couleur jaunâtre, d'ocre saharien ; une pure pépite brute d'or canin!
Cette matière fécale paraissait d'autant plus divine qu'elle se fondait admirablement avec les tons du sol en granit.
Je ne pourrais le jurer mais il me sembla même qu'il s'en échappait de la fumée...

A partir de cet instant où le temps s'était suspendu, les conversations alentours se firent plus distraites et plus basses car plus personne ne pouvait détourner son regard de cet intrus organique.
S'installa alors tacitement une nouvelle attente beaucoup plus réjouissante, qui voulait voir qui serait le malheureux à mettre les pieds dedans, car il semblait inévitable que cela se produise.
Dès lors nous scrutâmes chaque passant en désirant ardemment qu'il ne regarde pas où le mène ses pas. 
Une tension délirante s'installa parmi nous, brisant les frontières de la langue, et une petite lumière de malice malsaine avait naquit dans chaque oeil des futurs observateurs surréalistes que nous étions alors.

Et il ne fallut pas attendre très longtemps, en effet après seulement 6 minutes une jeune femme qui regrettera sans doute d'avoir été si pressée, s'empressa d'écraser l'objet de toute notre attention,
Hallelujah! 
Il n'y eu aucun éclat de rire, aucun mot prononcé, mais s'éleva de notre funèbre équipe une rumeur orgasmique, un soupir commun de soulagement mêlé à la honte d'avoir tant désiré ce drame, toute la tension délirante qui nous liait les uns aux autres s'éleva dans ce concert d'éjaculations chuchotées vers le ciel de juillet,
Amen.

Et exactement comme après un coït, les traces merdiques qu'avait étalé la malheureuse nous devinrent insupportables, chacun retournant dans sa bulle, un peu ému un peu choqué, mais tout à fait prêt à rentrer dans le théâtre Dalinien.

Enfin, après une heure de temps, je pénétrais dans le musée, où il n'y avait rien d'intéressant.







Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire